Apprendre à lire en famille – 2 – L’Apprentissage

Quand on se penche sur la question de l’apprentissage de la lecture en France, on se retrouve devant un vaste choix de méthodes, chacune vantant ses mérites sur les autres. Comment s’y retrouver?

Les différentes méthodes de lecture

  • La méthode syllabique

C’est le principe de B.A.-BA. On part des lettres pour former des syllabes qui à leur tour formeront des mots. Une fois que l’enfant peu lire les syllabes, il peut lire n’importe quel mot. Un exemple de manuel qui utilise cette méthode est la Méthode Boscher La journée des tout-petits. C’est personnellement avec ce manuel et l’accompagnement de ma mère que j’ai appris à lire, alors je peux confirmer qu’il atteint les résultats recherchés ^^ La méthode syllabique a cependant été critiquée par le passé. Déchiffrer des listes de syllabes qui n’avaient aucun sens semblait contraire au but de la lecture.

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  • La méthode globale

Une nouvelle méthode a alors été créée, la méthode globale, qui invite l’enfant a mémoriser des mots entiers pour accéder directement au sens. L’idée étant que l’enfant parte de ces mots pour en déduire la prononciation d’autres mots, par comparaison. Le problème étant que beaucoup d’enfants se sont retrouvés incapables de lire des mots s’ils ne les avaient jamais appris à l’école. Et puis honnêtement, tous ces mots à apprendre par cœur… Ca fait penser aux chinois et japonais qui doivent apprendre des milliers de symbols par cœur parce que leur système d’écriture ne connait pas le principe de lettres et de syllabes. Le notre le connait, alors pourquoi se priver?

  • La méthode mixte

Souvent celle utilisée à l’école. Elle reprend la méthode syllabique, tout en présentant certains mots de façon globale.

  • La Planète des Alphas

Il s’agit d’une méthode syllabique où chaque lettre est représentée par un petit personnage. Le n est en forme de nez, le r en robinet, etc. Il existe beaucoup de matériel, comme les figurines des personnages à manipuler par exemple, et beaucoup d’enfants aiment l’aspect ludique de cette méthode.

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  • La méthode Montessori

Là encore elle se rapproche de la méthode syllabique, mais au lieu de présenter le lettres par leur nom, on présente les lettres par leur son régulier. Pour B, au lieu de l’appeler « bé », on l’appelle « bbbbb ». La lecture est enseignée avec les lettres cursives au lieu des scriptes et il existe là aussi beaucoup de matériel pour accompagner l’enfant. J’aime particulièrement les abécédaires de Balthazar où les lettres sont en relief. L’enfant est invité à les toucher, faisant ainsi appel à plus de sens que la vue et l’ouïe pour découvrir la lettre (et puis les dessins sont très beaux, comme d’hab’ avec Balthazar). L’idée est également de faciliter l’apprentissage de l’écriture, l’enfant sachant déjà comment se forme la lettre.

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Personnellement, j’aime beaucoup l’approche qu’a Maria Montessori des apprentissages et la façon qu’elle a de traiter les enfants avec respect dès la naissance. J’ai présenté du matériel Montessori sur d’autres sujets que la lecture à mon fils qui était très demandeur, mais je n’ai pas été convaincu par sa méthode de lecture, que j’ai préféré laisser de côté, en dehors de son abécédaire à toucher pour présenter les lettres. Je pense que c’est une méthode brillante pour le pays où il a été inventé, à savoir l’Italie, mais je ne trouve pas qu’elle s’applique bien en France. Maria Montessori était italienne, et les petits italiens ont la chance d’apprendre à lire une langue dont l’écriture est très régulière. Une fois qu’on connait le son de chaque lettre, on est capable de lire pratiquement n’importe quoi (ça marche aussi avec l’espagnol), et du coup, connaître le nom des lettres parait bien superflu. Mais en français (comme en anglais), la plupart des lettres changent de valeur en fonction du mot dans lequel elles se trouvent. Je ne trouve pas judicieux d’aller dire à un enfant que N, c’est « nnnnn » au lieu de lui dire que c’est la lettre « ène ». En effet, N et A feront « nnnna », mais O et N feront « on », A I et N feront « ain » et I et N feront « in ». De même qu’un T aura de grandes chances d’être muet à la fin d’un mot et que le C fait « k » ou « s » selon la lettre qui suit… d’après moi, le français est bien trop irrégulier pour pouvoir nommer les lettres par leur soi-disant son « normal ».

  • La fabuleuse méthode de lecture du Professeur Tagada – Christophe Nicolas et Guillaume Long

La fabuleuse méthode de lecture du professeur Tagada. (Dès 5 ans)

Blandine de Vivrelivre en a parlé sur son blog (cliquez sur la photo pour découvrir son article!) Je n’ai pas eu la chance de lire ce livre, mais de ce que j’ai pu voir sur son blog, ça a l’air une façon très ludique de découvrir la lecture. Peut-être plus en accompagnement qu’en tant que méthode à part entière, mais sans aucun doute un bon moyen de mettre de l’humour dans cet apprentissage!

  • Le laisser faire

Il ne s’agit pas vraiment d’une méthode, puisqu’il s’agit de ne rien faire de particulier, de ne pas sortir de manuel et de ne pas proposer d’explication à notre enfant à moins qu’il n’en ai demandé.

Il s’agit de faire confiance à l’enfant pour accéder à la lecture par ses propres moyens, quand le moment sera venu. En tant que parent, ça demande de la patience et une confiance inconditionnelle dans les capacités de nos enfants. Il s’agit aussi de répondre aux questions que l’enfant peut avoir sur les lettres, les mots, etc., mais sans les précéder, et de lui offrir un environnement riche en littérature. Bien entendu, c’est plus facile si votre enfant ne va pas à l’école, comme André Stern par exemple. Son récit sur son enfance sans école et sans enseignements imposés est par ailleurs passionnant.

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Ce qu’on a utilisé chez nous

  • Le Bled, Méthode de lecture

BLED - Méthode de lecture

Parmi tous les manuels de lecture que j’ai eu l’occasion de feuilleter au moment où je cherchais lequel choisir pour mon fils (et il y en a eu beaucoup), celui-ci est le seul qui m’a vraiment plus. Il s’agit d’une méthode 100% syllabique (la méthode globale et la mixte ne me plaisent pas du tout) aux leçons très simples et aux pages aérées.

Voici un exemple de la leçon autour du P, en deux doubles pages.

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Sur la première double page, on découvre la lettre en grand qu’on peut tracer au doigt si on veut. On découvre le son que cette lettre fait quand elle est seule, et on retravaille les sons qu’on a découvert dans les leçons précédentes.

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Une page entière est ensuite consacrée à la découverte des syllabes liées à la nouvelle lettre.

On lis à nouveau les syllabes qu’on vient de découvrir, cette fois en désordre sur la dernière page, puis on peut lire des mots formés grâce aux syllabes qu’on connaît déjà. Au fur et à mesure du livre, les mots sont plus complexes et on découvre des phrases.

J’ai personnellement sauté les passages en cursif, n’ayant jamais trouvé très utile cette écriture et préférant éviter d’embrouiller Liam avec deux systèmes de lecture différents dès le départ (au final, il n’a jamais appris ni à lire ni à écrire le cursif, mais il a lu l’autre jour sans aucun problème -et à ma grande surprise- un livre de Balthazar écrit en cursif, donc d’une façon où d’un autre, il a compris le truc…)

L’autre petite chose qui m’a un peu déplu dans ce manuel sont les espaces qu’ils mettent dans les mots à lire au tableau pour séparer les syllabes (les espaces sont cela dit supprimés au fur et à mesure que l’enfant progresse dans le livre). J’ai personnellement réécrit les mots sur papier pour les présenter sous leur forme normale et les faire lire à mon fils après sa lecture du tableau.

J’avais prévu de prendre notre temps et de découvrir une leçon par semaine environ. Je me disais que ça laisserai le temps à Liam d’assimiler chaque lettre avant de passer à la suivante, et que de toute façon, il n’y avait aucune raison de se presser. C’était sans compter sur Liam, qui m’a réclamé trois leçons par soir et a donc finit les syllabes simples (une consonne + une voyelle) en deux semaines. Pour les graphèmes complexes, on a passé un peu plus de temps sur chacun d’eux, couplant le manuel avec d’autres activités inspiré du livre que je vais vous présenter ensuite. Je ne lui ai pas présenté les graphèmes complexes dans l’ordre du manuel, mais dans celui proposé dans le livre de Marlène Martin. Au final, on a pas finit le manuel, et il a découvert les derniers graphèmes en les lisant directement dans des phrases ou dans des livres. S’il y avait un graphème qu’il ne connaissait pas, je lui disait tout de suite le son que faisait la combinaison de lettres en question et il pouvait continuer de lire avec cette nouvelle connaissance. Deux mois après avoir ouvert le manuel pour la première fois, il pouvait lire n’importe quel mot. Et après deux mois de plus, il pouvait lire n’importe quel texte court de façon relativement fluide.

  • Apprendre à lire en famille – Marlène Martin

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Ce livre est absolument passionnant. Ce n’est pas un manuel de lecture à proprement parlé, parce qu’il n’y a pas de leçons à présenter à son enfant à l’intérieur. C’est un livre qu’on lit juste nous, parents, pour savoir absolument tout ce qu’il y a à savoir sur l’apprentissage de la lecture, et pour le mettre en pratique. Avec des conseils pratiques de la naissance jusqu’à l’apprentissage de la lecture à proprement parlé, en passant par les difficultés particulières que rencontrent certains enfants, et avec des conseils adaptés à chaque profil d’apprentissage… Il faut aimer lire sois-même et s’intéresser au sujet, parce que le livre est vraiment épais et chargé en information (personnellement, j’adore ^^).

Ce livre nous explique comment faire découvrir la lecture aux enfants en partant des lettres pour arriver aux syllabes, tout en les gardant rattachées à un vrai mot. Il s’agit par exemple de découvrir la syllabe « pa » en rapport avec le mot « papa », et non pas au milieu d’une liste de syllabes. Elle nous conseille sur les mots par lesquels commencer, comment décortiquer/expliquer les mots avec nos enfants, comment introduire de nouvelles syllabes, dans quel ordre (éviter de présenter le OU et le ON à la suite, ou le AN et le EN, qui se ressemblent trop, soit par la forme soit par le son), avec des exemples de fiches de mots à créer sois-même (en fonction de là où en est l’enfant et de ce qui l’intéresse). Elle conseille aussi d’écrire les mots normalement, sans espace et sans changer de couleur pour les voyelles ou les lettres muettes. D’expliquer au fil des mots et des phrases les différentes règles de la langue française (il y a des exemples de conversation à avoir avec un enfant sur les lettres muettes, expliquer le pluriel, puis la conjugaison, la grammaire, la ponctuation…)

Tout y passe, rien n’est laissé de côté. Ce livre est une vraie pépite pour n’importe quel parent qui veut aider son enfant à lire!

  • Le laisser faire pour la lecture en anglais

A 4 ans, Liam savait bien lire en français, et c’est à ce moment là qu’on a déménagé en Ecosse. En arrivant, on a laissé le français un peu de côté et j’ai commencé à lui lire des albums en anglais pour qu’il découvre la langue. Liam a tout de suite essayé de lire les albums par lui même (et tous les mots qu’on croisait dans la rue) en appliquant les règles de lecture du français, ce qui ne donnait pas grand chose. Je lui avais alors expliqué que tel ou tel son se lisait certes comme ça en français, mais que ça se lisait comme ceci en anglais. Je lui ai aussi dit d’attendre de parler l’anglais avant d’essayer de le lire, puisqu’on ne pouvait pas vraiment lire ce qu’on ne comprenait pas. A chaque fois qu’il lisait un mot en anglais avec son joli accent bien français, je lui demandais d’attendre, d’attendre… Autant parler à un mur… trois mois plus tard, il parlais aussi bien anglais que ses camarades de nursery et il lisait l’anglais presque aussi bien que le français. Aucune idée de comment ça lui est venu (ils n’apprennent pas du tout à lire à la nursery, à peine le nom des lettres), il a juste trouvé le déclic en lui-même! Quand un enfant a décidé d’apprendre à lire, c’est pas la peine d’essayer de l’en empêcher, il trouvera un moyen d’y arriver ^^

Les droits du lecteur selon Daniel Pennac

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Ces « droits » ne vont certes pas apprendre à votre enfant à lire, mais il me semble indispensable de les garder à l’esprit quand on lui apprend à lire. Il peut aussi être intéressant de les partager avec son enfant.

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Le droit de lire n’importe où… même dans la rue! Mais dans ce cas là, je vous conseille de diriger les pas de votre enfant pendant qu’il lit (attention aux poteaux!)

Le numéro 1 me semble tout à fait indispensable, par exemple. Pour laisser à l’enfant une chance d’aimer lire, il faut lui laisser le droit de ne pas lire. Si lire est une obligation, il sera plus difficile d’y trouver du plaisir…

Il serait bien aussi de ne pas oublier le numéro 5, « le droit de lire n’importe quoi ». On entend encore des parents se plaindre que leurs enfants ne lisent que des mangas, des BDs, des magazines ou des livres qu’ils ne jugent pas de qualité ou de niveau trop bas par rapport à leur âge. Lâchons leur donc un peu la grappe! Tant qu’ils ont plaisir à lire, c’est le principal. Et il n’y a pas que les classiques dans la vie…

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Le droit de lire les journaux gratuits dans le tram, aussi. Parce que c’est tellement passionnant et intelligent…

Aujourd’hui, où on en est?

Liam sait lire depuis 3 ans à présent (2 ans 1/2 en anglais). A la maison et à l’école, comment ça se passe aujourd’hui?

A la maison

Aujourd’hui, Liam préfère lire en anglais, mais continue de lire en français de temps en temps. Il lit des romans dans sa tête, souvent le matin au réveil, parfois après l’école. Il aime tout particulièrement Roald Dahl et tout ce qui a rapport avec Pokémon. Il lit aussi des magazines (mes grands-parents l’ont abonné à Toboggan pour qu’il reçoive un peu de lecture en français tous les mois) ou des livres de non-fiction, comme son encyclopédie Pokémon par exemple.

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Tous les jours, je lui lis des pages d’Harry Potter à voix haute. Ce sont mes livres préférés et j’adore les partager avec lui 🙂 On a profité des quatre derniers jours de neige pour finir le tome 6. Bientôt la fin!

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Et tous les soirs, je lui lis 1 ou 2 albums (en général en anglais puisqu’ils viennent le plus souvent de la bibliothèque) avant qu’il se couche. Même s’il adore lire par lui même ses romans prévus pour les plus de 6 ou 8 ans, il est également toujours excité de découvrir une nouvelle histoire de Mimi la souris lue par moi, quand bien même elle a été écrite pour les moins de 3 ans ^^ Ce n’est pas parce que son enfant sait lire tout seul qu’il faut se presser de le faire grandir 😉

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A l’école

Sa situation de lecture à l’école ne vous parlera sans doute pas, étant donné qu’il est scolarisé en Ecosse et que le système est très différent du système français. Je pense cela dit qu’il y aurait bien à s’inspirer de ce système écossais qui s’adapte au mieux au niveau des enfants. Alors pour ceux que ça intéresse, voilà un petit aperçu de comment ça marche par ici…

L’école (et l’apprentissage de la lecture) commence en classe de P1 (Primary 1) à 5 ans, après une nursery school qui tiens bien plus de la nursery que de la school (en gros, en nursery school, les enfants passent leur temps à jouer et n’ont que 20 minutes par jour de « travail » (facultatif) en groupe de 6 à 10 assis sur un tapis à faire des leçons de choses ou autres activités/jeux de groupe, mais pas de préparation à la lecture).

Aujourd’hui, Liam est en P2, il a 6 ans. Tous les jours, les enfants de P1 à P7 ont une leçon de lecture-écriture, non pas dans leur classe avec leur maître ou maîtresse, mais dans un groupe qui dépend de leur niveau. Du personnel supplémentaire est présent pour animer ces groupes, ce qui fait que s’ils sont autour de 25 à 30 élèves par classe, ils se retrouvent en revanche à 15 à 20 élèves par groupe de lecture-écriture. Leur niveau de lecture-écriture est estimé une fois par an en un à un avec un professeur, ainsi que tout au long de l’année par leur maîtresse et leur responsable de groupe de lecture-écriture (pas par des contrôles, tests ou autre travail noté, juste par le biais d’observations). Ils peuvent donc changer de groupe entre chaque vacances scolaires en fonction de comment leur niveau a évolué.

En pratique, mon fils et un de ses meilleurs amis, qui savaient tous les deux lire avant d’entrer à l’école, ont été mis dès leur P1 dans un groupe composé de P2 et P3 qui se trouvaient au même niveau qu’eux. Ils n’ont donc pas eu à réapprendre à lire, ce qui aurait été une sacrée perte de temps… Aujourd’hui, ils sont avec des P3 et P4, et un autre élève de leur classe les a rejoint depuis. A l’inverse, des élèves de leur classe de P2 qui ont besoin de plus de temps avec les concepts de base retrouvent un groupe d’autres P2 et P1 qui en sont au même niveau qu’eux. Tout le monde avance à son rythme, personne n’est laissé derrière. S’il faut du temps pour qu’une notion soit comprise, l’enfant l’aura. Si la notion est déjà comprise, inutile de s’attarder plus longtemps dessus, l’enfant peut passer à la suite.

Ils font aussi des activités de lecture et écriture en commun en classe. Mais la maîtresse va adapter ses remarques en fonction de l’élève. Quand ils ont un texte libre à écrire par exemple, où le fond est plus important que la forme, la maîtresse va simplement vérifier chez certains élèves que leur façon d’épeler leurs mots fait sens en terme de phonétique, même si ce n’est pas la bonne orthographe, alors que chez d’autre, elle va attendre d’eux qu’ils épellent les mots correctement.

Notons d’ailleurs qu’un système similaire mais différent est mis en place en mathématiques. Là, les élèves restent dans leur classe, mais chacun travaille sur un cahier d’exercice à son niveau. Ou alors ils vont tous faire les mêmes exercices pratiques, mais adaptés là aussi à leur niveau. Par exemple l’autre jour, ils faisaient des divisions à l’aide de cubes en plastiques. Ceux qui découvraient tout juste les divisions en avaient des toutes simples, avec un petit nombre de cubes à diviser. Ceux qui connaissaient déjà en avaient des plus compliquées. Liam était censé diviser 45 cubes par 5, mais il avait un peu de mal parce que tout le monde lui piquait ses cubes, estimant qu’il n’avait sans doute pas réellement besoin de ces 45 cubes ^^

Et pour le reste (étude d’un thème, gym, activités diverses…), ils étudient tous ensemble en classe. Au final avec ce système, il n’y a ni redoublement ni saut de classe. Pas de contrôles ni de notes non plus, en tout cas pas encore, je ne sais pas bien à quel niveau ça arrive, si tant est que ça arrive un jour.

Ce que j’aime bien aussi dans ce système, c’est que les enfants sont amenés à faire la connaissance de beaucoup plus de monde que s’ils restaient toujours avec leur classe, et de fréquenter des enfants de différents âges. Mon fils a eu des cours de lecture-écriture avec beaucoup de professeurs différents, qui enseignent à tous les niveaux de classe, et il est content de pouvoir leur dire bonjour par leur nom quand il les croise dans le couloir. En plus, s’il tombe dans leur classe une prochaine année, il les connaîtra déjà un peu. Il connait aussi de nom la plupart des élèves de P2 jusqu’en P4, puisqu’il s’est retrouvé avec certains d’entre eux en groupe de lecture-écriture. Il se sent plus à l’aise, en récré, de sentir qu’il connaît plus de monde que juste les élèves de sa classe.

La semaine prochaine

La semaine prochaine je vous présenterais des activités que j’ai proposé à mon fils en parallèle de la lecture du manuel. Certaines ont été inspirées de la lecture du livre de Marlène Martin, et toutes ont été adaptées aux niveau et centres d’intérêts de mon fils.

Apprendre à lire en famille

1 – Pourquoi, Quand et l’Eveil à la lecture

2 – L’apprentissage

3 – Jeux et activités

4 – Les livres « premières lectures »

5 – L’écriture

Et vous?

Avec quelle méthode vos enfants ont découvert la lecture? Qu’est-ce qui a marché pour eux? Où ils en sont, maintenant? Partagez en commentaire, et dites moi si vous avez d’autres super manuels ou méthodes que j’ai oublié ici!

 

11 réflexions sur “Apprendre à lire en famille – 2 – L’Apprentissage

  1. Merci pour cet article très complet ! Mon fils va avoir 5 ans, et pour l’instant la lecture n’est pas encore dans ses intérêts 😉 Au départ je pensais vraiment partir sur du syllabique… j’ai la méthode boscher et le bled aussi, que je trouve bien plus accessible. Nous avons les alphas, et mon loulou accroche bien… mais il n’est pas encore dans le processus de la lecture… et je pense qu’il finira sans doute par apprendre seul, en global ^^
    Le livre d’André Stern est le prochain sur ma liste à lire !
    Mon fils fait de la dyspraxie visuo spatiale, ainsi que de la dysgraphie, ce qui va rendre plus difficiles les apprentissages de la lecture et de l’écriture… il sera sans doute dyslexique… donc j’imagine qu’on devra sans doute improviser, en mixant les différentes approches (pour l’écriture, on utilise beaucoup les lettres rugueuses, en script… à cause de sa dysgraphie, le cursif va être compliqué).

    Au final, pour moi, la seule chose qui m’importe, c’est qu’il prenne plaisir à lire ! .. et peu importe aussi l’âge auquel il saura lire 🙂

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    • Dans la mesure où ton enfant est laissé libre de ses apprentissages et qu’il est baigné dans un environnement où il peut découvrir les lettres et la lecture, il y a effectivement de grandes chances qu’il apprenne par lui-même 🙂 ! C’est encore ce qui « fonctionne » le mieux, dans la mesure où c’est comme ça qu’il y prendra le plus plaisir, et c’est bien le plus important.

      Je ne connais pas grand chose de la dyslexie et compagnie, et je ne saurais dire quelles méthodes sont les plus adaptées à ces cas particuliers. Encore une fois, celle qu’il choisira lui-même sera sans doute la meilleure ^^

      Par contre pour ce qui est de l’écriture, je confirme que le cursif ne me semble pas du tout indispensable, a fortiori si c’est parti pour être une difficulté à cause d’une dysgraphie. Ici en Ecosse, les enfants n’apprennent à lire et écrire qu’en script, et j’aime beaucoup le fait qu’on puisse lire ce que les enfants écrivent dès le début de leurs apprentissages, les lettres scripts étant bien plus faciles à former que les cursives. Je pense que cette écriture calligraphique peut vraiment décourager les enfants qui auraient plus de mal à l’écrire proprement. Elle demande plus d’application et si personne ne peut nous lire, c’est très frustrant! Il sera bien temps d’apprendre à la lire un peu plus tard 🙂

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  2. Bonjour Laure,
    Je découvre ce superbe blog suite à ton commentaire sur Paddington. Je vois que nous avons plusieurs points en commun – nous randonnons aussi en famille 🙂
    Ma fille a appris à lire avec le manuel des cours par correspondance Ker Lann à 5 ans. J’avais essayé le livre Sami et Julie, qui se dit méthode syllabique mais ne l’est pas tout à fait.
    Avec mon fils, j’avais commencé avec les Alphas. J’ai arrêté le jour où il m’a montré le u en me disant cheval (la lettre U est représentée par une petite fille avec des tresses en l’air en forme de U, elle est sur un cheval). Nous sommes passés à la méthode Boscher associée à quelques livres Montessori et à des lettres en bois pour manipuler. Et tu vois, ce matin il a lu plusieurs mots tout seul (il a 4 ans et demi et est très pressé de savoir lire comme sa sœur).
    Wouah, l’Écosse, c’est une de mes destinations de rêve ! Ce doit être magnifique de randonner là-bas. As-tu un compte Instagram ?
    Je vais regarder si ton livre est dispo ici. J’aimerais beaucoup l’avoir pour mon fils.
    Bonne continuation et au plaisir de te lire, j’ajoute ton blog dans ma liste de liens.
    Julie

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    • Merci pour ton commentaire!

      Comme c’est excitant ce moment où un enfant lit ses premiers mots! J’adore voir les progrès au jour le jour, ce moment où ça fait « tilt » quand l’enfant comprend les différents concepts de la lecture. Je ne suis pas surprise que le modèle de sa grande sœur qui sait déjà lire motive ton fils 🙂

      Je me souviens que pour mon fils j’avais feuilleté pas mal de manuels du genre de Sami et Julie, qui se disaient syllabiques, mais qui en fait étaient plus des méthodes mixtes. Ca complique encore les choses pour s’y retrouver…

      L’Ecosse est un pays absolument magnifique pour randonner. Ca fait deux ans et demi qu’on y habite, et il nous reste encore tant d’endroits à découvrir! On a jamais finit d’en faire le tour… par contre je n’ai pas de compte Instagram, je suis très mauvaise en tout ce qui concerne les réseaux sociaux ^^

      Le Canada doit être un pays également fabuleux pour la randonnée, bien qu’il doit être plus difficile de l’explorer de bout en bout (carrément impossible en fait ^^) J’ai eu la chance de passer une semaine à Montréal avec ma famille quand j’étais petite, j’avais adoré la ville, et la nature qui n’était pas si loin que ça si je me souviens bien (je précise que c’était en été et qu’il faisait terriblement chaud, je ne sais pas si j’aurai le courage de visiter le Canada en hiver ^^). J’espère avoir la chance d’y retourner et d’y amener mon fils une prochaine fois !

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  3. Comme Julie, je découvre avec beaucoup de plaisir ton blog et nous avons pas mal de points en commun. 😉 Nous qui souhaitons visiter l’Écosse d’ici 2 ans, je crois que je vais te mettre à contribution pour nous indiquer les incontournables et la meilleure saison pour découvrir ce pays qui a l’air si beau. 🙂
    Chez nous, l’apprentissage de la lecture en français se fait à la maison car mes garçons sont scolarisés dans l’école de quartier, dans le sud de l’Angleterre. On a commencé quand ils ont commencé l’école et ça a correspondu à leur intérêt pour cet apprentissage. Alphas puis méthode Françoise Boulanger, pour nous.
    Au plaisir de te lire!
    Aurore

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    • L’Ecosse est vraiment un pays magnifique, je recommande 😉 pour ce qui est de la meilleure saison pour visiter, c’est difficile à dire. On a la chance d’habiter Dundee, qui est la ville la plus ensoleillée d’Ecosse, alors on est pas vraiment gêné par la pluie. Pour le reste du pays, ça reste très aléatoire ^^ Je crois qu’avril/mai, puis septembre/octobre ont peut-être le plus de chance d’être de beaux mois. juillet/août aussi sans doute, mais c’est la période des midges dans les Highlands, alors c’est à déconseiller pour ceux qui prévoient des randonnées ^^

      Ca n’a pas dû être évident d’apprendre à lire en français en parallèle de l’anglais, c’est une chance que tes garçons aient été emballés pour le faire à la maison 🙂 C’est sûr que de notre côté, c’était un avantage que Liam sache déjà lire en français avant d’arriver en Ecosse et d’apprendre en anglais, mais pour le petit deuxième prévu pour bientôt, je ne sais pas du tout comment ça se passera!

      Aimé par 1 personne

  4. Etant enseignante en France, ton article m’intéresse particulièrement et je suis impressionnée par le niveau de lecture de ton fiston. Je suis également très surprise du fonctionnement en Ecosse (j’aimerai que l’on puisse faire comme cela en France mais malheureusement, nous n’en avons pas les moyens… à mon niveau, j’essaie de faire au mieux mais les programmes sont ce qu’ils sont et nous devons le respecter et c’est loin d’être évident. Merci pour cet article très détaillé.

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    • Je comprends tout à fait qu’il est très difficile pour un enseignant de s’adapter au niveau individuel de chaque élève! Autant j’adore tout ce qui touche à la pédagogie et j’adore accompagner mon fils dans ses apprentissages, autant je ne me sentirai pas du tout d’accompagner 25 élèves d’un coup, je tire mon chapeau aux enseignants! Evidemment, c’est à un plus haut niveau qu’il faudrait que les choses changent, et ça demande plus de moyens financiers et humains, mais aussi sans doute un changement d’état d’esprit de la part de l’Etat et du côté sacré de ses programmes… pas évident tout ça ^^

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